La Chimère

Accueil

Formation
du groupe

La Cantatrice
Chauve

Antigone

Art des Bavards

Machine digitale

 

 
Affiche de la dernière représentation
   


Les acteurs parlent aux spectateurs.

Dulce Martins (Madame Smith)
" Ce qui me plaît le plus dans le personnage de Mme Smith est le fait de savoir qu'elle n'existe pas dans la réalité, vu que ce serait extrêmement désagréable de la connaître.
Participer à cette pièce a été très amusant et vivre une année avec les acteurs et la metteuse en scène a été très positif. "

   

Cidália Garcia (Monsieur Smith)
" C'est la première fois que j'interprète un rôle en français et que j'incarne un personnage masculin…(il y a certaines choses que l'on dissimule difficilement). Au début, ce fut un peu difficile de me concentrer et d'intérioriser mon rôle de " Monsieur ", mais, avec l'aide de mon épouse, les choses se sont bien passées.
Monique Jaffrédou nous a beaucoup aidés. Je crois que c'est la seule personne du département qui a le " courage " de lancer un groupe de théâtre, chose dont notre université avait bien besoin ! Mais , " On va voir ce que ça donne ! ", comme dit la metteuse en scène.
Quant à la pièce, je pense qu'elle a été bien choisie : il s'agit d'absurde à l'état pur, de comédie. Je crois que le public qui ne maitrise pas bien le français, va être satisfait des expressions de nos acteurs , qui, par elles-mêmes, disent déjà tout. "

   

Rita Simões (Mary)
" La Cantatrice Chauve est une pièce du théâtre de l'absurde, amusante, dans laquelle les dialogues n'ont aucun sens. Malgré cela, je pense que la pièce peut procurer un moment de divertissement et de bonne humeur.
Pour moi, c'est une expérience nouvelle de jouer dans une pièce de théâtre. Je trouve que c'est une expérience agréable, malgré tout le travail que cela nous donne. "

   

Marco Patrício (Monsieur Martin)
" C'est la première fois que je participe à une pièce comme acteur principal, je m'en sens honoré et nerveux, et j'espère que tout se passera bien les 9 et 10.
Pour ce qui concerne la pièce, je préfère le rôle du pompier, parce que c'est un rôle plus actif et sensible ; le mien est un peu mélancolique, c'est pourquoi j'éprouve des difficultés à m'adapter au personnage.
Je pense qu'il faut encore beaucoup répéter, vu que le jour de la représentation approche. "

   

Alexandra Cabral (Madame Martin)
" La pièce La Cantatrice Chauve est la chose la plus fascinante et spectaculaire pour qui souhaite passer un moment divertissant et se délivrer du stress quotidien.
Le groupe de jeunes acteurs est excellent et, bien qu'amateurs, ils parviennent à donner vie à des personnages auxquels ils ne peuvent s'identifieren rien. Chacun intériorise son rôle de façon comique et vivante. Chaque personnage a sa propre idée du monde réel, mais personne n'atteint le niveau des Martin qui ne se rendent compte de rien. Ils ressemblent à un couple d'amnésiques ne sachant pas dans quel monde ils vivent.
Cela vaut la peine d'assister à cette pièce pour en finir avec la tristesse et le mauvais moral. Elle nous permet de nous sentir mieux et nous soulage de nos tristesses. "

     

Helena Simões (Madame Martin)
" C'est la première fois que je joue dans une pièce de théâtre. J'ai beaucoup aimé cette expérience, malgré la monotonie de mon personnage.
La Cantatrice Chauve est une pièce du théâtre de l'absurde et c'est pourquoi interpréter le rôle de Mme Martin, qui est amnésique, a été un peu difficile.
En général, ce fut amusant et plaisant. "

     

Claúdia Lopes (Madame Smith)
" La Cantatrice Chauve est une pièce extrêmement comique et divertissante. Que celui qui se décide à la voir n'espère pas assister à un spectacle dans lequel brillent les grandes valeurs morales ou la poésie. Nous lui offrirons seulement de la joie. C'est cela qu'Eugène Ionesco nous transmet essentiellement, et souhaite que nous saisissions. Il n'aime pas le fait que la société vive dans la mesquinerie du quotidien, que les gens ne parviennent pas à communiquer entre eux, comme les personnages de la pièce : la voie à suivre est celle du bonheur et de la différence.
A propos de ma participation dans la pièce, je me suis beaucoup amusée. Être une autre personne, pouvoir sentir, penser, agir comme elle, est une expérience à ne pas manquer et qu'il faut saisir… J'ai saisi une nouvelle vie, celle de Madame Smith. "

     

Cesaltina Vieira (Monsieur Smith)
" Mon personnage, celui de Monsieur Smith, est très intéressant. J'aime surtout ses changements d'humeur. Au bout du compte, ce personnage finit par être assez actif et amusant.
Le fait de jouer en français rend la mémorisation du texte plus difficile, cependant, je trouve que j'apprends beaucoup de vocabulaire et que cela m'aide à améliorer ma prononciation. "

   

Joana Melo (Madame Martin)
" Madame Martin est une femme amnésique, frustrée, distraite et, par-dessus tout, exaltée. Elle vit dans un monde distant, où seules existent les lunettes…à astiquer. Dans la seconde partie de la pièce, elle continue d'affirmer ses banales et confuses convictions, toujours sous l'œil attentif de son mari . A la fin, elle atteint le comble en arrivant à se transformer en un autre personnage : celui de Madame Smith.
En réalité, elle ne sait pas qui elle est, et moi non plus… "

     

Lília Silva ( Monsieur Martin)
" C'est un personnage aussi curieux et amusant que cette pièce est absurde.
La pièce, d'une façon générale, est divertissante et comique. Il n'existe pas de logique ni de suite dans les répliques, ce qui rend parfois difficile leur mémorisation.
Madame Martin, mon épouse, " est toujours dans les nuages " et exécute un numéro extrêmement comique. "

   

Ana Braga (Le Pompier)
" Cette pièce en français a été ma première expérience théâtrale.
J'ai appris à mieux maitriser la langue française. J'ai perdu ma timidité et ma gêne.
Il ne fait aucun doute que le théâtre est une bonne stratégie pour nous libérer de notre langue maternelle et nous immerger plus et mieux dans le français. Jusqu'au point où, dans mes pensées et mes rêves, il m'arrive de parler français… "

 
 

La Cantatrice Chauve, connue comme un des "classiques" du répertoire du théâtre français contemporain et sans doute l'oeuvre la plus célèbre d'Eugène Ionesco, n'est pas une pièce facile pour autant. Les réactions des étudiants à la première lecture de la pièce en témoignent. Le rire le dispute à la perplexité. En effet, l'auteur réussit parfaitement à perturber le lecteur -ou le spectateur- par les ruptures permanentes dans l'argument, les changements d'humeur brusques des personnages et les nombreux non-sens.

Au départ, l'une des préoccupations des étudiants était de savoir si le fait de jouer une pièce en français devant un public non-francophone devait impliquer une interprétation particulière, à savoir : devait-on articuler exagérément et parler lentement, afin de rendre le texte perceptible au plus grand nombre?
Ce souci d'être bien perçu par le public est louable et montre le désir de communiquer des comédiens en rendant leur prestation scénique la plus efficace possible.
Pour ma part, j'estime que le fait de jouer une pièce en langue étrangère devant un public d'une autre langue maternelle, ne doit pas impliquer d'interprétation particulière. Articuler de façon appuyée, par exemple, reviendrait à fausser le ton.
Concernant la prononciation, des corrections individuelles ont été apportées au fil des répétitions, mais globalement, assez peu. Elles portaient très rarement sur la ligne mélodique, les comédiens se montrant instinctivement à l'aise dans l'expression de la colère, la stupeur, l'ironie ou le doute.

Pour les comédiens en situation de jouer une pièce en langue étrangère, le défi est double. Il s'agit, d'une part, d'interpréter un rôle, et, d'autre part, de s'approprier et de restituer les sonorités de la langue "étrangère": c'est là que résidait la nouveauté pour tous, puisqu'aucun des étudiants n'avait encore joué de pièce en français.
Dans l'ensemble, les difficultés sporadiques liées à la prononciation ont été surpassées rapidement.
Au fur et à mesure, chaque interprète a réussi à façonner un caractère, un comportement à son personnage, alors que peu d'éléments dans le texte de Ionesco nous guident à ce sujet. Ceci est le fruit de la réflexion individuelle de chacun et le résultat de cette maturation dégage une indéniable cohérence entre les personnages sur scène, ainsi qu'une vraie dynamique.

Dans notre mise en scène, nous avons choisi de mettre l'accent sur des effets visuels pour pallier d'éventuelles difficultés de compréhension des spectateurs, de façon à ce que l'ennui n'ait pas le temps de s'installer dans la salle. Les jeux de scène ont été étoffés dans ce but. Les costumes qui, nous l'espérons, contribuent aussi à ces effets visuels, ont été une source de débats largement alimentée par le peu de choix proposé dans les boutiques de Ponta Delgada.

Cette expérience théâtrale, qui est la première pour la majorité des étudiants, apportera à tous, je l'espère, une assurance et une aisance dans la pratique orale du français. Se lancer sur "les planches" dans une langue étrangère n'est pas chose aisée. Il s'agit de produire, outre la prestation d'acteur, une application constante sur le plan phonétique. La tension exigée en matière de prononciation est un véritable exercice physique.

À ce propos, au cours de la scène finale où sont présents les deux couples Smith et Martin, Ionesco parodie les méthodes de diction destinées aux acteurs ou aux personnes soucieuses de briller en public, comme dans : " Mouche le chasse-mouche, mouche le chasse-mouche" qui joue sur l'aternance

et aussi sur la production de

qui est parfois un point de résistance pour les apprenants de São Miguel. Cette scène finale exige une parfaite coordination entre les comédiens, tant sur le plan des répliques que sur celui des déplacements .

Compte tenu de l'intérêt sans faille des onze étudiants pour ce projet, nous nous trouvions avec un sureffectif. En effet, la distribution de La Cantatrice Chauve ne compte que six rôles. Nous avons dû dédoubler quatre des personnages, les époux Smith et les époux Martin, pour n'éliminer aucun candidat-acteur. La pièce, par son découpage, se prête -avec quelques acrobaties tout de même- à la substitution des deux couples. Grâce à ce subterfuge, nous avons ménagé les efforts des comédiens et peut-être -nous l'espérons- créé un effet de surprise...
La onzième actrice a joué la difficile partition de la pendule, en alternance avec un rôle de Madame Martin.

Monique Jaffrédou